* Les conditions d'utilisation de Facebook Live durcies
* Une suspension dès la première infraction à certaines
règles
* La PM de Nouvelle-Zélande salue un pas dans la bonne
direction
* Jacinda Ardern est à Paris pour lancer "l'appel de
Christchurch"
(Actualisé avec réaction de la Première ministre de
Nouvelle-Zélande)
par Gwénaëlle Barzic
PARIS, 15 mai (Reuters) - Facebook FB.O a annoncé mercredi
un durcissement des conditions d'utilisation des vidéos en
direct sur sa plate-forme ainsi qu'un partenariat de recherche
doté de 7,5 millions de dollars (6,7 millions d'euros) pour
améliorer ses capacités d'analyse des images, deux mois après
les attentats de Christchurch en Nouvelle-Zélande.
Ces mesures ont été dévoilées à quelques heures du lancement
à Paris par le président français Emmanuel Macron et la Première
ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, de "l'appel de
Christchurch" contre le terrorisme et l'extrémisme violent sur
internet.
Le texte, qui n'a pas de portée contraignante, vise à
accroître "la réactivité, l'anticipation, la transparence et la
gestion de crise" des plates-formes et des Etats, explique-t-on
à l'Elysée.
L'auteur des attentats de Christchurch, qui ont fait 51
morts dans deux mosquées, a filmé le massacre qu'il commettait
en le diffusant en direct pendant 17 minutes via l'application
Facebook Live.
La vidéo a été ensuite partagée pendant plusieurs heures sur
Twitter TWTR.N , YouTube (Alphabet GOOGL.O ), WhatsApp et
Instagram.
"L'écrasante majorité des personnes utilisent Facebook Live
à des fins positives, par exemple pour partager un moment avec
des amis ou pour sensibiliser d'autres personnes à une cause qui
les intéresse", explique Guy Rosen, vice-président "Intégrité"
de Facebook, dans un post mis en ligne mercredi. "Pourtant,
Facebook Live peut être détourné de son usage et nous voulons
prendre des mesures pour limiter ces abus."
Concernant Facebook Live, le premier réseau social mondial,
qui employait jusque-là une politique de sanctions progressives,
prévoit de mettre en place une stratégie dite de "première
infraction": si un usager enfreint les règles "les plus
sensibles" de la plate-forme, explique Facebook, il se verra
interdire l'utilisation du service pour une période donnée dès
la première violation.
DES LIMITATIONS D'USAGE DÈS LA PREMIÈRE INFRACTION
La Première ministre de Nouvelle-Zélande a estimé que cette
initiative constituait une première réponse à des enjeux
essentiels de l'appel de Christchurch.
"La décision de Facebook de mettre des limites à la
diffusion en direct est un premier pas dans la bonne direction
pour éviter que l'application devienne un outil pour les
terroristes et montre que l'appel de Christchurch est mis en
application", a-t-elle réagi dans un courriel transmis par un
porte-parole.
Facebook n'a pas précisé quels types d'infractions étaient
concernés ni combien de temps les suspensions dureraient mais
une porte-parole a précisé qu'il n'aurait pas été possible pour
l'auteur de la tuerie de Christchurch d'utiliser Facebook Live
en vertu des nouvelle règles.
"Nous prévoyons d'étendre ces restrictions à d'autres
domaines au cours des prochaines semaines, en commençant par le
fait d'empêcher ces personnes de créer des publicités sur
Facebook", précise Guy Rosen.
D'autres plates-formes ont déjà pris des mesures, à l'image
de YouTube, qui a récemment relevé le seuil d'abonnés requis
pour utiliser YouTube en direct sur un appareil mobile.
Facebook prévoit en outre des partenariats avec les
universités américaines du Maryland, de Cornell et de Berkeley
afin d'améliorer la détection de manipulation de contenus et
d'empêcher la prolifération de variations d'une même vidéo ayant
fait l'objet d'une mesure de retrait.
"Il est clair que la lutte contre la montée des contenus
manipulés nécessitera des recherches approfondies et une
collaboration entre l'industrie et le monde universitaire",
précise dans son post Facebook, qui fait partie des
plates-formes soutenant l'appel de Christchurch.
"ENCORE BEAUCOUP DE TRAVAIL À FAIRE"
Jacinda Ardern a salué ce projet de recherche, rappelant que
des versions modifiées et pour certaines manipulées des attaques
du 15 mars avaient mis du temps à être retirées, ce qui a exposé
de nombreux utilisateurs dont elle-même à ces images.
Facebook a indiqué avoir fait retirer 1,5 million de vidéos
des attaques dans les 24 heures qui ont suivi, précisant dans un
blog mis en ligne fin mars avoir identifié plus de 900 versions
différentes de la vidéo.
"Il y a encore beaucoup de travail à faire mais je suis
heureuse que Facebook ait pris des mesures supplémentaires
aujourd'hui en parallèle à l'appel et j'espère une collaboration
de long terme pour rendre les médias sociaux plus sûrs avec le
retrait des contenus terroristes", a souligné la dirigeante de
Nouvelle-Zélande.
Des dirigeants de Facebook, Twitter, Google, Microsoft
MSFT.O ou Amazon AMZN.O seront présents ce mercredi à
l'Elysée pour lancer "l'appel de Christchurch" aux côtés des
dirigeants de plusieurs pays dont Theresa May (Royaume-Uni) et
Justin Trudeau (Canada).
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AVANT-PAPIER-Des géants d'Internet s'engagent contre terrorisme
et violence
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(Avec Katie Paul à San Francisco et Charlotte Greenfield à
Wellington, édité par Marc Angrand)
Facebook durcit les règles des vidéos en direct après Christchurch
information fournie par Reuters 15/05/2019 à 09:33
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